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Actualités de l’autisme
et du handicap


 
 

Retarder la prise en charge adéquate des enfants autistes a un coût pour l’enfant et la société
( 25 février 2017 )

Appel à projets autisme 2017 de la Fondation Orange
( 25 février 2017 )

Ouverture du site officiel d’information sur l’autisme
( 22 février 2017 )

Cerveau : dépister précocement l’autisme par IRM ? / Sciences et Avenir
( 22 février 2017 )

Les « comportements-problèmes » au sein des établissements et services accueillant des enfants et adultes handicapés : Prévention et Réponses
( 22 février 2017 )

L’autisme : quelles origines, quels traitements ? émission France culture
( 22 février 2017 )

La CNSA met en ligne le tronc commun du métier des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH)
( 22 février 2017 )

Comment favoriser des parcours fluides et éviter des ruptures pour les personnes avec autisme
( 22 février 2017 )

Direction Générale de l’Offre de Soins : rapport 2012
( 3 août 2013 )

Crise ouverte au Ministère de la Santé
( 3 août 2013 )

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P.Delion : Le Packing Erès 1998

P.Delion : Le Packing Erès 1998

 


- P.Delion : Le Packing Erès 1998 réédition 2003

Le sous-titre, à lui tout seul, est déjà éloquent : « avec les enfants autistes et psychotiques ». Comme chacun devrait le savoir, surtout un médecin psychiatre, la psychose infantile n’existe pas. L’auteur est responsable d’un service de pédopsychiatrie à Lille.

Le packing vient du verbe anglais to pack : emballer. Cette technique est présentée comme enracinée dans les différentes cultures du maternage et de l’hydrothérapie ; certes, rien à dire à ces deux pratiques si elles n’avaient été « revisitées » comme le dit l’auteur par la psychanalyse, et surtout théorisées à partir d’a priori idéologiques. Nous savons tous en effet que les autistes peuvent avoir des comportements archaïques qui les rassurent : tous aiment l’eau et je me souviens avoir souvent enveloppé mon fils petit dans ce qui me tombait sous la main pour le bercer et arriver ainsi à le calmer. Nul besoin de théorie pour cela : l’amour, le bon sens et un minimum de connaissances des difficultés d’un enfant autiste à s’accommoder de notre environnement suffisent.

La technique est la suivante : on enveloppe l’adulte ou l’enfant nu ou en sous-vêtements dans des linges froids (au moins 10° en dessous de la température du corps), jambe après jambe puis les jambes réunies par une serviette plus grande et bien serrées, les bras collés contre le corps. On met un plastique autour du tout puis des serviettes chaudes, pendant trente à soixante minutes. Après on déroule le tout dans l’ordre inverse et on frictionne ; il faut de 2 à 6 personnes pour accompagner le packing, à raison d’1 à 7 séances hebdomadaires. Comme j’avais pu le constater sur un forum, cette technique s’enseigne sur les fonds publics et est utilisée dans différents services, payés par des fonds publics. Sans commentaire quand on sait les batailles qu’il faut mener pour obtenir une prise en charge éducative, même partielle, pour un enfant autiste.

Objectif : lutter ainsi contre les automutilations. Il s’agit de récupérer « la première peau » dans une phase symbiotique de guérison de l’autisme : il va de soi bien sûr implicitement que la mère ayant raté cette étape, il convient que l’institution fasse le travail de la mauvaise mère. L’enfant doit pouvoir récupérer ainsi « la surface portante » de sa peau sans les menaces d’anéantissement que l’enfant ressentait avant. L’enfant « lance des bouteilles à la mer(mère) » : on reconnaît là les âneries lacaniennes…Il existe par ailleurs une manière intelligente et intéressante d’analyser le « moi-peau », la peau étant notre lien avec l’autre et l’extérieur ; ce n’est pas une raison pour utiliser cette réflexion à propos de l’autisme de manière délirante et culpabilisante pour la mère. L’anorexie est une autre indication.

Le livre est essentiellement fait d’exemples de thérapies de packing ; que dire ? : s’il suffisait de cette technique pour guérir un autiste, cela se saurait…On peut donc s’interroger sur les présupposés épistémologiques d’une telle pratique. Quant à la déontologie de cette technique, on reste perplexe ; on est censé demander la permission à la personne concernée et lui expliquer le sens de ce qu’on fait ; comment fait-on avec un autiste très déficitaire ? Et la nudité devant plusieurs adultes ? Est-ce acceptable ? Et la barbarie des linges froids pour celui qui n’a rien demandé ? On reste sans voix…

La revue de Sésame dans ses numéros 150, 152 et 153, a de manière courageuse, nuancée et objective, ouvert ses colonnes à un débat sur le packing. Toutes les opinions s’y sont exprimées : des professionnels de la technique (qui existe depuis les années 70) rappellent qu’elle est bien issue des méthodes de contention appliquées autrefois aux malades mentaux mais affirment qu’on peut les pratiquer dans un autre esprit avec respect. Les parents sont plus nuancés : certains manifestent leur indignation, d’autres rappellent que ce sont tous les excès des techniques pas suffisamment encadrées par des objectifs scientifiques et éthiques ou inadaptées à un cas particulier qu’il faut pourchasser : il y a aussi des dérives dans les approches comportementalistes.

On reste quand même perplexe devant l’affirmation finale qu’il y a une façon douce ou brutale de faire du packing !

 

 

 
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